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Le dos cet invisible

Ce texte est extrait du livre de Martine Le Chenic, L'art subversif et sacré du Yoga, 2018, Les éditions du Relié


Notre dos est livré au seul regard des autres. Invisible, inaccessible quelque soit la position prise, notre dos nous échappe. Une face cachée pour nous, pas pour les autres. Jamais nous ne verrons notre dos tel qu'il est. Sa façon la plus simple de nous faire savoir qu'il existe, c'est d'être touché!

Quand nous marchons comme si nous avions une arme pointée dans le dos. Le plexus solaire, d'une extrême sensibilité, va alors exploser ; l'arrière du diaphragme est fermé. Contracté sous cette menace imaginaire, le dos s'effraie et s'éloigne de son rôle de protecteur pour nous projeter dans le vide.

À l'inverse, selon le tempérament de chacun, le dos va se courber, se durcir, enfermant un plexus solaire éteint. Il se transformera en bouclier qui non seulement ne protège de rien, mais devient à terme notre propre ennemi. La position physique de repli sur soi est une position de défense spontanée contre les attaques, pour protéger les organes vitaux. Cette position va devenir une seconde nature. Nous nous affaiblissant derrière une armure.

Dans les deux cas, le diaphragme est bloqué, la respiration est affectée, le dos ne respire plus. La face antérieure de la colonne vertébrale ne vibre plus, l'attitude psycho émotionnelle est modifiée. Dans tous les cas, rectifier la posture, ne fût-ce qu'un peu, entraînera une transformation à tous les niveaux.


Nous transportons un dos poubelle ! Tout ce que nous voulons pas voir, savoir, s'accumule derrière nous, générant non seulement douleurs localisées ou diffuses, mais aussi dysfonctionnements organiques, maux de tête et insomnies avec tout le cortège des malaises du quotidien. Nous en avons « plein le dos ».

Or, le dos est notre sortie de secours, la seule ouverture sur l'espace arrière. Une fenêtre ouverte, vers l'invisible, l'inconnu. C'est notre côté jardin, le côté du repos, alors que nous sommes en permanence en façade. C'est épuisant.

Le dos, ainsi que tout l'espace arrière, répond à nos peurs. Peur de ce que nous ne voyons pas. Peur de ce qui vient par l'arrière, peur de l'inconnu. Un dos ouvert, c'est pouvoir faire face ! Apprivoiser l'espace arrière, c'est déjà apprivoiser la peur ouvrir le dos, libérer l'axe vertébral, sentir le souffle nourrir tout l'espace arrière en ouvrant l'arrière du diaphragme et la cavité rénale.

Lorsque l'on sent vivre, vibrer son dos, on s'ouvre à des perceptions jusque-là inconnues. L'axe vertébral commence à frémir. Tous les organes internes, et particulièrement leurs parties arrière, sont en connivence avec l'intérieur du dos. Nous pouvons alors nous appuyer intérieurement entre notre propre dos et nous ouvrir par toute notre face antérieure à notre vie de relation. Nous retrouvons force et tranquillité dans l'ouverture du dos en lien avec le souffle et le ventre.


Le toucher et le mouvement sont deux moyens qui nous permettent de venir nous connecter à notre dos.


Le toucher:

Une séance de massage en conscience nous amène à être totalement présent au moindre sensation de manière à faire l'état des lieux de notre dos. Le massage peut être une préparation et un complément à la pratique du yoga.


Pour une pratique simple sur le tapis, vous pouvez effectuer des roulades.

Une technique simple de mobilisation mécanique de l'axe vertébral qui consiste à égrener les vertèbres. Les roulades sont bienfaisantes pour dénouer le dos.

Dans un premier temps, appliquez-vous à sentir toute la largeur du dos et, avec un peu d'entraînement, réduisez le champ de perception pour ne sentir que l'axe vertébral tout en déroulant les vertèbres.


Le mouvement:

Créer de l'espace entre les vertèbres, installez-vous à quatre pattes, le buste parallèle au sol, les cuisses et des bras perpendiculaires. En inspirant, dos plat, arrière du diaphragme ouvert, puis en expirant, vous allez établir un jeu de contre résistance, faire comme si vous vouliez aller vers l'avant mais vous ne pouvez pas tant que le haut du dos va s'arrondir en montant.

Revenez très doucement dos plat en inspirant.

À la prochaine inspiration, faites comme si vous vouliez vous asseoir mais vous ne pouvez absolument pas, tant le bas du dos va s'arrondir en montant. Le portique des épaules et du bassin ne bouge pas, cuisses et bras restent perpendiculaires au sol tout le long du travail.


Les postures debout dans le yoga, nous placent entre Ciel et Terre et facilitent la prise de conscience de notre axe vertébral, elles nous amènent vers l'enracinement.

La perception de notre énergie interne va permettre de percevoir notre espace interne en relation avec l'espace externe. Nous pourrons alors pressentir que l'immobilité des postures n'est qu'apparente.


Toute partie du corps en contact avec le sol, ou n'importe quel support, devient le point d'enracinement à partir duquel tout le reste du corps se redresse.


Les mouvements de flexion et d'extension du dos, (voir article sur la colonne vertébrale), nous permettent d'ouvrir notre dos. Il devient large et plein dans un mouvement d'ouverture passive.







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