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Textes des journées Encre et Ancrage - avril 2023 -


Les participant.e.s partagent leurs textes.

Merci à chacun.e


Écrire une TERINE

Écrire une terine, à partir de trois mots choisis sur le thème de l’arbre ; A : chêne – B : soleil – C : fort.

Contrainte : la forme imposée par le mouvement Oulipo

3 strophes de 3 vers dans l’ordre suivant :

A              C             B

B              A             C

C              B             A

 

Au fond du jardin, un chêne

Majestueux, côté soleil

Silencieux, fier et fort.

 

Même en hiver, il reste fort

Prends donc exemple sur ce chêne

Quand ta vie manque de soleil.

 

Dans ton cœur, il fait soleil

Si tu t’imagines libre et fort

Sans trop d’effort, brise tes chaines

​​​​​Elena

 

 

Avec les mots: baobab-débat-forêt

 

Au loin, là-bas, le baobab 

Très en silence, il se débat

Au milieu de la forêt 

 

Bientôt, terminée la forêt 

Tous crevés, les beaux baobabs,

Il n'y a pas matière à débat

 

La vie, c'est des hauts et des bas 

Tantôt clairière tantôt forêt

Mais touchez pas aux baobabs!

 Dominique

 

Avec les mots: feuille – vert – terre

 

Le vent fait valser les feuilles

D’un superbe vert

Ramassons-les toutes à terre

 

Car en l’air ou à terre

Cela reste une feuille

Oui mais de quelle couleur ? Vert !

​​​​

Comme le pic vert

Tombé à terre

Mais heureusement amorti par les feuilles.

Leila

 


Dignité au parfum de pédonculé 

 Vous avez face à vous 1m74 de solidité.

Vous avez face à vous 1m74 de fragilité. 

Vous avez face à vous un chêne pédonculé, dont les cheveux sont bruns bouclés.

Et dont les tourments se résument à la question de dignité. 

Faut-il toujours prendre de la hauteur?

Être haut en couleur?

Faire valser nos peurs?

Renier l'odeur de la sueur?

Le chêne pédonculé a-t-il le droit d'être discret, de se mettre en retrait, d'observer tous les aspects secrets de la forêt?

Aujourd'hui dans les bois, c'est la fête. Le trop plein de fierté prend sa retraite et laisse place à la dignité discrète. 

Cette fois pas de vêtements de reine pour le chêne, seulement une écorce nue, attention, fragilité en vue!

Éloge de la radicalité de la simplicité. Radical jusqu'aux racines. Racines qui portent, qui transportent.

La beauté des failles dans les feuilles, des écorchures dans les branches.

Arbre dans tous tes états, tu t'es trouvé, je t'en prie, reste comme ça.

​​​​​​​​​​​Maya

 


Point noir

 Un point noir c'est en partie l'équilibre dans le ying et yang.

C'est aussi quelque chose qui s'annonce mal.

C'est encore un problème cutané. 

Un point noir c'est rond.

C'est malgré tout pas très coloré. 

C'est toujours sur un fond qui n'est pas noir.

Un point noir c'est parfois flou.

C'est souvent à l'horizon. 

Un point noir c'est le début de quelque chose.

Maya

 

​​

 

En s’inspirantd’extraits de « Cronopes et Fameux » de Julio CORTAZAR, écrire des instructions pour aller rencontrer un arbre. On peut nourrir la proposition par l'utilisation des cinq sens.

 

Méthode à suivre pour aller embrasser un arbre

Avant tout, oublie la crainte d’éveiller des soupçons ou des remarques déplacées. Dis-toi simplement que tu es seule au monde et que tu en as besoin, point.

Choisis une tenue décontractée, je te conseille d’oublier tes petits escarpins vernis avec talons aiguille.

Prévois une veste avec capuchon, ou pas.

Danser sous la pluie est aussi énergisant.

Quand tu te sens prête, sans trop te poser de questions, demande à ton GPS la forêt la plus proche de chez toi.

S’il se trouve un petit parc dans ton quartier, c’est encore mieux… Profite d’une petite marche en pleine conscience jusqu’à l’entrée du parc communal.

Nooon, ne commence pas à chercher des excuses pour retourner illico-presto à la case départ.

Du style : « j’ai oublié le four allumé », « je dois faire pipi », « on est jeudi, il faut sortir les poubelles »… STOP

Tu as reporté cent fois ton envie de choisir un vieil arbre et de l’enlacer… ça y est, c’est le bon jour, tu es entrée dans le parc… il ne te reste qu’à respirer… profondément… d’avancer encore un peu … et …

​​​​​​​​​​Elena

 

 

Le trajet vers un arbre

 Ne mettez pas votre plus beau manteau, cela ne servirait à rien.

Une fois habillé, oui un minimum quand même, sortez de l’atelier et prenez la première rue à droite.  Ne regardez ni en haut, ni en bas, mais devant vous, on ne sait jamais sur quoi vous pourriez tomber.

Là, regardez bien à gauche et à droite avant de traverser.

Mais dites donc, n’oubliez pas de saluer le gentil automobiliste qui vous a accordé le droit de traverser.

Vous voilà arrivé à destination.  Après un virage imminent à gauche, stoppez net et ce, même si une délicieuse odeur de frites vient vous chatouiller le nez.

Restez concentré vous voilà nez-à-nez, non … je dirai plutôt nez-à-écorce d’un majestueux gingko biloba.  Devant cet arbre aux 40 écus, vous aurez tendance à vous précipiter et à l’enlacer tendrement avec deux bras emplis d’amour.

Je vous préviens déjà, des écus n’en tomberont pas donc autant prendre le temps d’en faire le tour.

Ensuite, reculez d’abord d’un pas et admirez la particularité de la forme de ses feuilles, plus tout à fait vertes mais pas encore jaunes non plus.  Levez légèrement la tête sans tension et joignez vos mains en namascar pour le saluer avant de le toucher.

Maintenant, touchez-le du bout des doigts puis faites-vous plaisir en vous laissant aller en y posant toute la main.  Face à une telle force de la nature, vous vous sentirez très vite revigoré et prêt à entamer la deuxième journée de l’atelier.

 ​​​​​​​​​​Leila, 01-04-23

 

 

Récit sur base de 3 images (au choix) en insérant les mots : vie – famille – rencontre

 

Il était une fois, deux amis, je dis « amis » mais en réalité ils font partie de la même famille.  Ils ne sont pourtant pas frère et sœur.  Ils se sont rencontrés lors d’une chasse aux mots dans le plus beau quartier boisé de la région.  Ce qui les unit, ce sont les mots, n’importe quels mots : gros, petits, vilains ou encore rigolos.  Ils les rassemblent et les réécrivent sur des feuilles de papier pour les planter afin de les faire pousser.  Ils savent que dans la vie, pour pousser il faut se planter.  Vous l’aurez compris, pour grandir dans la vie, il faut parfois se planter.

Bref, à chaque printemps, ils se retrouvent et récoltent les mots qu’ils ont semés l’an passé pour pouvoir planter de nouvelles feuilles agrémentées de quelques graines de lettres.  Il paraît que cela fortifie la création de nouveaux mots.

Promis, ils reviendront l’an prochain pour une nouvelle récolte et de nouvelles graines à semer.

Vous savez maintenant ce qui lie nos deux amis.

 ​​​​​​​​​​Leila, 01-04-2023

 

 

On tire au sort un végétal et un animal.

Ces deux éléments doivent intervenir dans une petite histoire.

 

Lapinot ne tient plus en place.

Il sautille, il tourne en rond et tape sur les nerfs de toute la famille. Hier soir, maman lui a promis une première sortie dans la forêt. Tout l’hiver, il a attendu ce moment de liberté et de découvertes.

Et tout le monde sait que trois mois, c’est très, très long dans la vie d’un petit lapin fougueux, impatient, débordant d’énergie !

Il en a assez de rester bien au chaud dans cette tanière minuscule pour lui et ses huit frères et sœurs.

Lui, il rêve de grands espaces verts, de délicieuses plantes à grignoter, de sentiers de terre à dévaler, de cailloux à lancer sur le derrière de ses frères…

De petites fleurs des bois à humer et à offrir à Lila.

 

Oups, Lila… j’ai oublié de te la présenter.

Lila, c’est la petite lapine du terrier d’en face. Depuis quelques jours, Lapinot n’a d’yeux que pour elle. Et dire qu’il y a deux semaines à peine, il se moquait encore de ses copains niais et tellement maladroits quand ils tombent amoureux.

 

Et bien voilà, aujourd’hui, c’est lui le nigaud.

Dès qu’il parle d’elle, il bégaie, il rougit, il devient tout chose…

Ce matin, au petit déjeuner, il a entendu parler de campanules. « Cam-pa-nul » : il n’a aucune idée de ce que c’est… première fois qu’il entend ce mot et pourtant, cette sonorité lui plaît.

Campanule, ça pourrait être le nom d’un bijou. Le bijou idéal pour enfin oser approcher Lila.

​​​​​​​​​​​Elena

 

Tirage d’une carte de l’ORACLE DE LA FORÊT DE SOIGNES.

Ma carte : érable Sycomore.

 

Tel ce majestueux érable

Je me voudrais forte et stable.

Il se tient fier et debout

Qu’il vente ou qu’il grêle

Il garde ce charme fou

Je le veux comme modèle.

 

Il paraît perdu dans la masse

D’une forêt un peu sombre

Détrompez-vous, il a une place

Unique entre soleil et ombre.

 

C’est son tronc tortueux

Qui a captivé mon regard

Puis j’ai pris une heure ou deux

Afin d’écouter son histoire.

 

Ses silences sont éloquents

Il apaise mes heures d’orage.

Comme un ami bienveillant,

Il m’offre sagesse et courage.

 Elena

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